Il ne nous manque que l’Amour

WASHINGTON, DC - NOVEMBER 25: Protesters hold banners during a march through the streets at the second night of protests after the Ferguson Grand Jury decision about white Officer Daren Wilson that he will not be faced with criminal charges for the shooting death of black 18-year old Michael Brown in Ferguson, on November 25, 2014 in Washington, United States. (Photo by Michael Hernandez/Anadolu Agency/Getty Images)

Le verbe, d’un slogan, armé,

Les cœurs, de peine, flétris,

Les candélabres marchent, groupés ;

Scène d’invasion d’une espèce en sursis.

Ils ont tous ce teint sombre et ténébreux

Qui sait tant s’effacer pour laisser luire.

Ils ont cet air si naïf, ces corps de dieux,

Qui se laissent tant modeler sans bruire.

L’un des leurs est à terre !

Un de plus…

Ce texte, si on le laissait là, s’accommoderait  volontiers du qualificatif ( ?) « Inachevé ». il serait infirme, éclopé de sa fin, mutilé vis-à-vis des faits, corrompu, comparativement à la réalité.  Car il est  censé parlé des événements qui ont eu lieu aux USA et du slogan #BlackLivesMatter.

Mais pas seulement.

Un noir de plus est tombé… ses assassins (ou ceux qui les représentaient) aussi.

L’assassinat d’Alton Sterling par des policiers à Bâton Rouge (USA) a provoqué comme toujours l’indignation des médias et de l’unique président noir qu’ait jamais connu les USA. Indignation. Sans plus.

Cette fois-ci encore, des marches de protestation ont eu lieu. Mais cette fois, un autre Noir a voulu venger le meurtre. À Dallas, Micah Johnson a tiré sur plusieurs policiers dont 5 sont morts.

Renégats rendus tels par la force,

Torturés, tués, enterrés, ou jetés à la mer

Pour les dépouiller de leur écorce,

Ils ont durement adopté cette nouvelle terre

Pour être de nouveau rejetés…

Ballons de chair aux mains de pongistes blancs, ils sont ballottés au gré des vagues sur lesquelles flottent les caravelles nouvelles, celles qui emportent désormais au ciel. Ils sont tués, et l’on s’en émeut peu.

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Cher lecteur transporté par l’émotion, ami dont ces mots titillent la fibre sanguine, et qui se reconnait en ces autres frères noirs d’ailleurs, laisse-moi te rappeler qu’il y a moins d’une semaine, des Maliens sont morts sous les balles de policiers maliens noirs, des attentats ont lieu tous les jours en Syrie, et plus près d’ici, les microbes continuent d’endeuiller les familles abidjanaises.

Chacun jugera la gravité de la nouvelle selon ses distances avec le sujet. Mais la vérité est que la mort nous environne tant qu’elle ne cause plus grande émotion. Elle ne peut se passer, pour attirer l’attention, de l’écho des médias.

J’écris, non pour justifier la mort de Sterling, ni celle de ces policiers, encore moins pour les ranger dans la rubrique « faits divers ». Ils sont tous des victimes. Et là où des hommes sont tués, les hommes ne peuvent que condamner.

Mais les génocides, meurtres, attentats, etc. sont des faits d’homme, qui tantôt se retrouvent de l’autre côté du canon du fusil, d’autres fois face à lui. Nous sommes constamment des victimes en sursis.

C’est le lieu de rappeler que notre civilisation est grande. Jamais l’homme n’a autant dominé, soumis sa planète entière. Notre science et nos savoirs réduisent chaque jour l’impossible, pour nous faciliter la vie. Nous avons tout ce que nos ancêtres ont pu rêver créer ou posséder, et bien plus encore.

Il ne nous manque que l’Amour.

Crédit photo: Getty Images

Wikipedia.org

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